Agir ou Subir

LE MENTAL DU GARDIEN


« AGIR OU SUBIR »

  

Facile quand on est gardien de se mettre la pression ! Pardon, de nous mettre la pression !

 

 En effet, si compétent que soit ton entourage, si tu n’as pas compris en écoutant les dires de ton entraîneur, de tes coéquipiers, de ta famille et pour certain des médias que pour le match à venir, on compte sur toi...

 

Quoi de plus terrible pour un sportif ?

Connaissez-vous un autre sport avec cette similitude ?

 

Voilà suffisamment de pression pour mettre en place le « subir » dont je vous parle, car les qualités que nous possédons sont bloquées par cette pression qui intervient avant tous les matchs.

 

Pire, quand tu regardes un match à la télé pour te détendre, les journalistes appellent le gardien « le dernier rempart » en qui on donne une confiance sans réserve !

 

Voilà, tout est installé pour que le gardien de but soit seul complètement livré à lui-même et entraîné dans un cercle vicieux mis en place par les éléments extérieurs qui vont l’amener de plein pied dans le « subir » et lui faire perdre inconsciemment son précieux potentiel.

 

 

Qu’est ce qui te fait « Subir » ?

 

 

Ton mental va se battre en permanence contre la qualité de la pelouse, les partenaires, les adversaires, l’arbitre, le ballon, le poteau, le vent, le monde et pire encore le gardien remplaçant qui n’est que remplaçant, le pauvre, mais je sens bien qu’il n'est là que pour prendre ma place!

 

 

Tout s’est transformé en éléments insécurisant et rend le gardien prisonnier d’un état intérieur où il doit « survivre » pour rester titulaire.

 

Pour combattre cette insécurité installée, il va devoir utiliser une grande énergie pour « prouver » ses compétences déjà connues puisqu’il est titulaire ! Mais surtout, il va se fragiliser en alignant des contre-performances, se blesser plus ou moins lourdement et s’isoler du groupe comme il l’a souvent été, mais plus encore.

 

NON, LE GARDIEN NE DOIT PAS ÊTRE CELA!

 

Il doit sortir de cette spirale négative et il doit croire en lui et en ses qualités. Il ne doit pas faire le match avant avec tous les éléments connus, mais au contraire, si il a la chance de connaître certain de ces éléments, il doivent lui servir et lui permettre de positiver.

 

Si il pense que la pelouse est bosselée, il la maîtrise grâce à la qualité de ses réflexes, les partenaires sont ses compagnons de jeu, l’arbitre est le garant du jeu, le ballon sera bien gonflé, les poteaux sont ses amis, le vent va l’aider dans ses dégagements et ses relances, l’adversaire est indispensable pour pouvoir jouer et le gardien remplaçant n‘est que remplaçant puisque lui est déjà choisi comme titulaire !

 

Là, le gardien a gardé tous ses moyens au coup d’envoi du match !

 

Le poteau quand il renvoie le ballon, c’est un coup de chance pour la majorité des gens. Pour moi, c’est le fait que le gardien est considéré par l’adversaire et celui-ci voulant le battre, il lui met le ballon le plus loin possible de lui pour qu’il soit hors de portée, si loin qu’il va au poteau.

 

Ce raisonnement ne veut pas dire que le gardien sombre dans la prétention, mais bien au contraire qu’il positive, et là il arrive dans « l’agir » car il refuse de subir la fatalité.

 

La fatalité qui est qu’une belle action doit se finir par un but, sinon ce n’est pas une belle action ! Pourtant on est tous sur le même terrain et on doit tous réussir les gestes techniques que l’on apprend à l’entraînement !

 

Tous, sauf le gardien car si il réussit son geste technique, il va arrêter le ballon et il n’y aura pas but et du même coup il va dévaloriser tous les beaux gestes des joueurs de champ.

 

A la télé, quand il y a but il y a de 5 à 8 ralentis, mais quand il y a un bel arrêt, il se peut que l’on n'ai pas droit au ralenti, ou alors pour expliquer de quelle manière l’attaquant a manqué le but et non pas de quelle manière, le gardien a préservé son but.

 

 

Pour la fin de l'année, Les journalistes font un "Bêtisier" des buts gags en montrant nos "idoles" pro dans des situations grotesques ! Pour quand le même CD sur les joueurs de champ !…Et pourtant il y a de quoi faire !

 

Le gardien doit passer au dessus de toutes ses différences et ses évidences pour positiver et rester dans « l’agir » en nous montrant tout ce qu’il sait faire.

Il doit croire qu’à ce qu’il voit et surtout ne pas croire aux interprétations. Tout le monde peut faire un petit effort pour ne croire qu’à ce qu’il voit!

 

 

Je vais vous donner l’exemple de ma carrière. A 16 ans, on me promettait une fabuleuse carrière, mais je n’étais que le N° 3 de mon club, parti pour le rester longtemps ! Les mauvais résultats de l’équipe 1 rendaient furieux les spectateurs qui scandaient mon nom pour que l’on me mette dans la cage, vu les prouesses que je faisais avec la 2.

Là nous avons les dires des autres (les spectateurs et les journalistes) et les dires du staff technique qui ne me sélectionne pas pour un manque de maturité, encore trop « tendre » et surtout trop jeune.

 

 

Moi je sais que je suis prêt dans ma tête et que ma technique est suffisamment bonne pour jouer à ce niveau. Je sais aussi qu’il faut que je joue à ce niveau pour franchir les deux paliers qu’il me manque pour être au sommet.

 

Un jour, les deux titulaires se blessent en même temps, et là c’est la catastrophe. Le journaliste écrira que le sort s’acharne sur le club, contraint de faire appel à son bien trop jeune N° 3, et la montée allait s’éloigner définitivement dès samedi !!!

 

J’ai refusé de croire en cela pour ne croire qu’en moi et je suis rentré sur le terrain sous les ovations d’un public conquis. J’ai vraiment pensé que ces applaudissements étaient pour m’encourager et je me suis convaincu de jouer en utilisant toutes mes qualités comme je le faisais tous les samedis avec la 2. J’ai fait une prestation légèrement mieux qu’à l’habitude, nous avons gagné ce match et tous les autres, je n’ai plus quitté la cage et je ne l’ai même jamais partagée comme le faisaient les deux autres (c'est fréquent au hand).

 

 

Nous sommes montés jusqu’au sommet et moi, il ne m’aura manqué qu’une marche. Je suis resté dans « l’agir » en refusant que les autres me fassent « subir ».

 

Et ce choix, c’est TON LIBRE POUVOIR.

 

A toi de choisir d’être le même gardien à l’entraînement qu’en match. A toi de gommer toutes les négations que l’on « te propose » autour de la compétition. Tu auras des émotions positives grâce à la qualité de ton jeu qui te rendra rayonnant dans la cage et qui vont t’entraîner à lâcher ces gestes que tu maîtrises régulièrement, t’amenant à des arrêts spectaculaires et comprends bien, que tu viens d’inverser le cercle vicieux en transformant ton match en un entraînement de haut niveau.

 

 

Gagné ou perdu, le match devient un bon moment de foot où tu montres tout ce que tu sais faire et où tu ne dois rien prouver.

 

Alors si tout est bien compris, tu ne sortiras plus jamais la tête basse, comme je vous vois si souvent, comme si seul le gardien devait baisser la tête et être le seul responsable de la défaite !!

 

 Michel BOTTINI

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